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Zoé, entends-tu?
Approche, petite Zoé, approche ! Le grand parquet de chêne, sous les toits de Paris, non loin du Père Lachaise, s’étend de tout son long et s’étire comme un chat. Il a trouvé oreille !
Zoé, entends-tu, entends-tu frémir mes feuilles que des mains aux longs doigts peignent doucement ? C’est mon ami le Vent qui câline ma coiffe. Un roi comme toi a le devoir, dit-il, d’être droit, beau et séant, quelqu’en soit le moment.
Zoé entends-tu mon histoire qui te ramène à l’âge où j’étais grand et fort ? La cime que j’avais dominait la forêt. J’étais, en ces temps-là, le roi de tous mes frères, le roi de tous les bois, le roi de la forêt.
Zoé, entends-tu le murmure d’un cœur qui ne bat plus? Comme il a de la peine à ne plus résonner. Sa sève ne coule plus, il faut lui pardonner. Quand ils m’ont abattu, débité, fabriqué en parquet, ma fonction n’est devenue qu’à supporter les pas.
Zoé, entends-tu mon coeur? Je te livre le secret qui te fera l’entendre : Accorde-lui juste un peu d’attention, prête-lui un regard, une oreille et du temps (attention, ceci est un secret à cacher aux bucherons).
Tu l’entends, maintenant que tu as le secret?
Ceux qui sont dans mon cœur écoutent le parquet.
Giovanni Wante-Glioni





