Il était une fois…

…une petite Zoé.

Robinson Crusoé

     Nous voici échoués sur une île. Notre embarcation, le Karaboudjan,  était dans un lamentable état, démantibulée de part en part, éparpillée sur la plage. Seule ma vieille malle voguait encore  sur la mer calmée, une mer d’huile. «Bachi-bouzouk, cria Haddock, une bouteille à la mer ! » Il plongea afin de porter secours à la miraculée bouteille de whisky.  «Sauve plutôt la malle, dis-je en colère.

 -       Plutôt casser ma pipe, Iconoclaste, c’est du pur malt, du Loch Lomond, ce serait un sacrilège, mon amie Zoé. C’est mon lait à moi, déjà bébé, j’en avais dans mon biberon !!! » 

     Revenu sur le rivage, le vieux loup de mer se lampa quelques gorgées de sa précieuse rescapée. Son nez vira au rouge bordeaux, ses yeux rubis regardèrent, reconnaissants et pleins de tendresse, la bouteille qu’il reboucha avec peine, et me tendit (avec sacrifice  et un soupçon de regret) son ambroisie.  « Non, merci Capitaine, nous allons faire le tour de l’ile. Peut-être y trouverons-nous nourriture plus saine ?

 -       Plus saine …, plus saine…, Moussaillon,  Mitrailleur à bavette, ….. » Le capitaine Haddock bougonna  tout le long du chemin. Il chantonnait d’un air moqueur « Y a pas d’mal, pour ta malle, elle s’fra pas la malle, qu’est-ce tu râles, …hic…hic !», « Zoé, Zoé, matelot, matelot navigue sur… » Quand, soudain surgit.., (Haddock sursauta, blanc de frousse),…une créature voutée et rabougrie avec une longue  barbe grise descendant jusqu’à la poitrine. Vêtu de peaux de chèvres mal tannées et puantes, le vieillard, ahuri, levait  les bras au ciel avec vénération. Il sauta au cou du capitaine «Archibald Haddock, mon bon vieil Archi ! 

-       Robinson, l’irlandais, saperlipopette, bougre de sauvage d’aérolithe de tonnerre de Brest, t’as fait peur à ma petite Zoé ! Ca fait au moins trois siècles qu’on ne s’est pas vu. Que fais-tu sur cette île perdue ?

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-       Mon île est un écrin de verdure perdue dans l’océan, au large du Chili. Nous sommes sur l’île Juan-Fernández.  Cela fait vingt huit ans que je m’y suis échoué. A part mon fidèle compagnon Vendredi et quelques cannibales passagers qui ont mangé ces deux fainéants de Samedi et Dimanche, personne. La semaine devrait paraître plus courte sans le week-end, et bien même pas, vingt huit ans, c’est long ! Mais je ne désespère pas, je sais qu’un de ces cinq jours, un bateau viendra me sauver. 

-       Ah oui, la semaine des quatre jeudis ou des quatre mercredis ? hi-hi-hi (lol-lol-lol) dit  avec ironie le capitaine Haddock en sautillant de plaisir de revoir son ami. 

-       Ne l’écoutez pas, monsieur Robinson, notre capitaine est bourru et moqueur, mais il cache un cœur gros comme ça ! (Haddock protégea instinctivement sa bouteille dissimulée dans la poche intérieure de sa veste).  

-       Tout le monde connaît Le capitaine Haddock, petite Zoé, il est brave et peu être trop  imbibé d’eau de mer. Mais pour ce qui est de sa boisson favorite, sur cette ile perdue, le whisky, TINTIN (sans faire de jeux de mot) ! Rien que de l’eau et du lait de chèvre, et si ça vous dit… 

-       Bachi-bouzouk, voudrais-tu me faire rouiller, empoisonneur, ectoplae? » Le malheureux capitaine palpa son cœur (sa bouteille cachée), comme pour se consoler  de pouvoir encore vivre quelques temps sur ses humbles réserves.

-       A part le whisky, ici, vous ne manquerez de rien, soyez les bienvenus. L’île regorge d’eau fraîche, de poissons, de moutons, de chèvres, de légumes sauvages et pleins d’autres choses encore. » 

Après un festin de roi….      

…. dans la cabane de Robinson, construite avec le reste de l’épave de son navire échoué, notre hôte nous fit visiter son île paradisiaque. Nous montâmes sur un promontoire où se dressait un mirador. «C’est d’ici que j’observe l’horizon, et mon seul espoir, c’est d’y voir passer un navire. » Sur la pointe des pieds, par la fenêtre judicieusement orientée, je surplombais l’île Juan-Fernández. Où que se pose le regard, on n’aperçoit que des rochers escarpés, des à-pics couverts de végétation et tout autour, une mer bleue qui nous rend seuls, bien seuls. Au loin, se dessine, brisé dans les récifs, le squelette de la chaloupe qui amena Robinson à l’exil. Les éclaboussures des vagues et l’écume qui viennent s’y accrocher rendent presque vivante embarcation mutilée. Le vieil homme  regarde l’épave avec nostalgie et rancœur à la fois.   « Capitaine, le sommeil me gagne, il nous faut maintenant partir, Papa et Maman vont s’inquiéter.   -       Non, restez encore un peu, mes amis, mes éphémères compagnons,  juste un peu. Je ne vous ai pas présenté Vendredi, et puis vous dormirez ici, je vous raconterai mes aventures et je….. -       Allons  moussaillon, coupa le capitaine de sa grosse voix, nous ne pouvons pas rester plus longtemps, Zoé doit se réveiller chez elle. C’est ainsi que le pinceau magique décide ! 

-       Il ne faut pas vous inquiéter, monsieur Robinson, nous reviendrons, c’est promis. » Zoé déposa un baiser sur le front de l’homme attristé et perdu. Une larme coulait le long de sa joue. « D’accord, mais revenez moi vite ! dit l’esseulé, vous reviendrez vite, n’est-ce pas ? 

-       C’est juré monsieur Robinson, dit Zoé. »

Ainsi ROBINSON Crut ZOE 

 « Pinceau, oh pinceau, m’entends-tu ? » une cigogne passait par là. De son bec, elle m’attrapa (je tenais fort mon Coco-baux-yeux, alias capitaine Archibald Haddock) et nous déposa dans mon bon lit douillet. Je pensais à Robinson Crusoé que nous avons abandonné. Ah, s’il pouvait avoir un bateau de retour ! « Pinceau, oh pinceau, m’entends-tu ? »  

« Ouah, quelle histoire ! ….» 


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