Il était une fois…

…une petite Zoé.

Le Pirate fantome

piratesteering.gifUne nouvelle page se tourne…. 

Je pensais avoir jeté l’ancre pour la dernière fois, et finir là mon chemin d’histoire restant, mais tout est parti à la dérive.  La vie cogne dur ! C’est sans appel. J’appareille,  je Largue les amarres.  Je romps, je ne fuis pas, je m’évade! Pleines voiles vers le sud, destination Marseille,….

        … une nouvelle page se tourne.

J’échoue mon bateau à Marseille. J’élis, par chance, un appartement «coup de cœur ». Ce petit intérieur de deux pièces me charme par sa suffisance.

Situé au premier étage, je peux savourer du haut de mon balcon une large vue sur le bleu méditerranéen. Chaque fois que mon regard y plonge, quel bonheur ! J’emplis mes poumons de son doux parfum iodé, je m’enivre de cette grandeur turquoise. Je peux, d’un coup d’œil, parcourir des milles et des milles, du bord de la plage jusqu’au bout de la ligne d’horizon, là où la mer s’unit au ciel en parfaite harmonie. Le temps n’a plus de valeur, d’ailleurs, à Marseille, le temps n’existe pas.

L’emménagement ne fut pas sans peine, bien merci à mon Frérot et ses compagnons pour leur aide à dos rompu. C’est avec mérite que je m’allonge sur le lit, essayant de m’imprégner de mon nouveau domaine. Le voisin du dessus fait craquer son plancher, mon plafond, bizarrement au rythme des rafales de vent. Le mistral s’invite et se fait bien connaitre au nouvel arrivant.

Le bar du dessous   s’étale tout au long, coiffé d’un store couleur mer. Sur sa bannière, grignotée par des années d’air marin,  se lit «Le Petit Bleu» http://maps.google.fr/maps?ll=43.23537,5.360749&spn=0.000016,0.006866&sll=43.235405,5.360932&layer=c&cid=13376088709628058567&cbp=13,171.77,,0,4.89&panoid=0RP84Tj8rfe6WESzmrEQAg&t=h&z=17&vpsrc=0&cbll=43.235449,5.360831, fier,  flottant au vent. Son tenancier, Péponne,  fait partie des premiers personnages qui vont accompagner au quotidien ma paisible vie de marseillais. Me voici rentré dans un monde à la Marius. 

S’il y a des affinités qui se font, en voici une qui n’a pas tardé à se produire. De part sa bonhomie, Péponne, au visage rond et jovial, de ses yeux bruns en amande, de son sourire infus aux perles de dents, de ses fossettes, se joue de sa nature. Son élocution chantante, celle que seul un marseillais a dès le biberon, tintent mélodieusement à mes oreilles de lorrain. De nos conversations incessantes se mêlent ma voix, aiguë et pincée du froid de l’est, au ton grave de ses paroles pleines de soleil et de souvenirs d’enfants.

Il me fallait lui confier mon inquiétude concernant le locataire du dessus, ne s’activant que les jours de mistral. « Ha, Eric, nous y voilà, je savais que tu allais y arriver, tu l’entends aussi ce maudit pirate ! Seuls les gens sensibles, emboucanés de rêves peuvent l’entendre. J’en fais partie de ces rares là, qui, tout comme mon Père et mon grand-père, l’ont entendu, quelle désastre, quelle misère, mais on s’y habitue, il faut vivre avec !

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-          Mais je ne peux vivre avec un tel vacarme, rends toi compte, j’ai l’impression que le plafond va me tomber sur la tête. Ça grince puis cloc, ça regrince puis recloc, ça reregrince puis…

-          Oh, peuchère, arrête de te larmoyer, chacun son tour ! Et temps qu’il est chez toi, il’ est pas chez moi ! Pas toujours aux mêmes !  Allez, prends ton mal en patience, tu verras, il n’est pas si bougre que ça !

-          Mais qui est-ce, dis-je d’un ton au dessous ?

-          Tu as raison, parlons moins fort, il est capable de faire venir le mistral et se loger dans son grenier, au dessus de chez toi !

-          Mais qui est-ce ?

-          C’est tout une histoire, garde toi de la raconter à tout vent, on te prendrait pour un cabourd !

-          Qui est-ce ?

-          C’est tout une histoire, expire Péponne en regardant au loin vers la mer !

-          Oh ! tu vas en finir, dis-moi donc, qui est-ce ?

-          Qui est-ce, qui est-ce, et toi avec tes qui est-ce, tu m’escagasses !

-          Bon d’accord !…, Mais qui-est-ce ?

-          Brrrrr ! Bon tu l’auras voulu ! » un coup de regard à droite…, un coup de regard à gauche…, Péponne m’enferma dans son isoloir imaginaire, chuchotant  si bas que rien ne  se faisait entendre.

-          Parle plus fort, je n’y comprends rien !  

-          C’est un fantôme, un vieux flibustier qui hante le dessous du toit les jours de mistral. Tu as remarqué la vue sur la mer, c’est là qu’il observe, que dis-je, qu’il épie. Parfois, on peut voir le bout de sa lorgnette dépasser. Il guette, dans l’espoir de voir revenir son vaisseau, fantôme lui aussi. Battant pavillon noir, voiles tendues et trouées, chargé, dit-on, de coffres gorgeant d’or. Il reluque avec insistance les îles du Frioul  http://www.photos-provence.fr/iles/carte-frioul.jpg . Cet archipel de toute beauté a marqué pour lui et son équipage  la fin d’une épopée de ses longues campagnes. Ce vieux flibustier, dont le navire arborait le pavillon noir de pirate, rage encore aujourd’hui de cette dernière manœuvre, par grand mistral, ………    

                                                                                                                                 …… à suivre…

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Giovanni Wante-Glioni 


2 réponses:

  1. GUILLAUME écrit:

    C’est très beau. C’est bien, le mistral t’inspire ! On en veut encore ! Moumoune

  2. Ma plume souvent se bloque: http://1sivalavie.unblog.fr/satanee-page-immaculee/
    La suite viendra, il me faut le temps….
    Quand les yeux de ma Petite-Fille arriveront à déchiffrer mes histoires, à les lire et les relire encore, je serai le plus comblé des Papy. Je t’aime ma Moumoune. Bises à tous trois.

    Giovanni Wante-Glioni

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